Newsletters & Actualités du DAT microfinance



Le premier crédit a été accordé en mai 2011 par la Nef à l'institution CECAM !

Quelques projets soutenus sont disponibles pour consultation en ligne, voir rubrique "Projets financés".


Newsletter 3 - septembre 2011

Entretien avec Abdoulaye Biaye, Directeur de l'UMECAS (Union des Mutuelles d’Épargne et de Crédit des Artisans du Sénégal)

La CECAM, agence de l’UMECAS de Matam, a reçu le premier crédit de la Nef dans le cadre du DAT. Le deuxième crédit a été pré-approuvé par la Nef et sera envoyé au 2ème semestre 2011. Pour ce démarrage concret du DAT Microfinance, nous avons choisi de nous entretenir avec Abdoulaye BIAYE, Directeur de l’UMECAS :

Quels types de projet le "DAT microfinance" a-t-il permis de financer?

Le DAT Microfinance a permis, avec l’octroi du premier prêt, le financement des activités d’Investissement, de besoins en Fonds de Roulement, pour les commerçants, et des activités de Campagne, principalement dans l’agriculture et l’embouche bovine. Bien qu’il était retenu, dans la définition des orientations du fonds, le financement de la création d’entreprise, il faut souligner que ce volet n’a pas été pris en compte, à travers ce premier prêt, du fait des contraintes de montants et de délais pour l’analyse des activités à financer. Certainement, cela sera rendu possible, avec les prochains virements de crédits.

Quelle différence faites-vous entre le "DAT" et d’autres ressources disponibles aux IMF au Sénégal ?

La différence se situe à deux niveaux. Le premier a trait au coût de la ressource. Comparé aux lignes de crédit actuellement disponibles sur le marché au Sénégal, le DAT est relativement moins cher, puisqu’il nous revient à un taux nominal de 5,5% par an. Sur le marché sénégalais, les taux de refinancement sont au dessus de celui appliqué dans le cadre du DAT. Mais cet avantage pourrait être remis en cause du fait des coûts de transaction mais surtout des risques de changes, à long terme, si la parité actuelle entre l’Euro et le FCFA venait à être revue.
Le second a trait à l’accompagnement avant et après financement. Le financement des bénéficiaires est tributaire, en dehors du processus de sélection, à une formation préalable des entrepreneurs, potentiels et/ou en activité, en gestion d’entreprise. En dehors de cette formation de base, un suivi est assuré par le personnel de l’UMECAS en collaboration avec les agents d’ECIDEC au Sénégal. Cet aspect permet à l’institution de réduire les risques liés au détournement des crédits et de minimiser les risques d’impayés. 

Comment les bénéficiaires des crédits sont-ils accompagnés sur le terrain?

L’accompagnement, comme souligné ci-dessus, porte sur deux phases. Les promoteurs sont préalablement sélectionnés suivant les critères de performances, pour les entrepreneurs en activité, et le potentiel de développement (la cohérence d’ensemble du projet, la création de revenus et d’emplois, etc ;) pour les entrepreneurs potentiels.
Après la sélection, la première phase d’appui concerne la formation en gestion d’entreprise, qui est administrée aux entrepreneurs. Cette formation permet de doter les entrepreneurs de capacités et de supports nécessaires au pilotage de leurs entreprises.
La seconde phase intervient après le financement, et consiste en l’accompagnement des promoteurs financés. Le suivi après la formation permet à l’institution de s’assurer de la meilleure utilisation des financements par les bénéficiaires. Ce suivi permet aussi aux agents de pouvoir suivre du projet financé, mais aussi l’application des aspects appris et d’apporter des correctifs nécessaires, en vue d’une gestion optimale au sein des entreprises bénéficiaires.

Quelles sont vos perspectives par rapport au "DAT Microfinance" ?

Le premier souci est d’élargir le DAT à toutes les caisses de base de l’union afin de leur faire bénéficier de cette opportunité, qui va sans nul doute renforcer leurs capacités d’intervention. La couverture de l’ensemble des caisses va contribuer à la résolution du problème de disponibilité d’une ressource stable, mais surtout d’une meilleure couverture de la demande.
Le second est d’arriver à démontrer que le DAT un outil efficace de développement. Ceci ne sera rendu possible qu’avec les résultats concrets sur le terrain. Nous ambitionnons de procéder, dans le temps, à une étude comparative, prenant en compte certaines dimensions clés (économique et financière, etc.) des bénéficiaires du DAT et des autres entrepreneurs dans nos zones d’intervention.


Newsletter 2 - février 2011

Un Dépôt à Terme pour soutenir la microfinance dans les pays du Sud

Article paru sur le "Vif Argent", Journal de la Nef, Hiver 2011
co-écrit par Myriam Carbonare, Présidente d'Ecidec et Léo Miranda, Coordinateur de Projets de la Nef

Ce n’est pas un hasard si le prix Nobel de la paix  en 2006 a été accordé à un acteur majeur de la microfinance  dans le monde, ‘Mohamed Yunus’  fondateur de la Grameen Bank: il existe un lien direct entre les inégalités et la violence. La microfinance, en permettant à des populations exclues des circuits bancaires classiques d’avoir accès à des ressources financières pour développer une activité économique peut être un outil pertinent de lutte contre la pauvreté. Forts de cette conviction, ECIDEC et la Nef ont créé un nouveau Dépôt à Terme (DAT microfinance) dont la finalité est de favoriser la création de richesses dans les pays du Sud en finançant des projets économiques à taille humaine qui répondent à des besoins locaux.

Dans les pays du Sud, la difficulté d'accès aux ressources financières limite fortement la capacité d'entreprendre. Pourtant, bénéficier d'un crédit peut améliorer sensiblement les conditions de vie de populations démunies, à condition qu'il soit associé à un suivi et à une formation adaptée pour permettre aux bénéficiaires de passer d'une logique de projet. Dans ce but, des institutions de microfinance (IMF) se sont constituées dès la fin des années 80, souvent à l'initiative de la société civile.
Cependant, les récentes dérives de ‘financiarisation’ de la microfinance, qui considère les pauvres comme « un segment de marché comme un autre », révèle les effets pervers (faillites, surendettement) qu’elle génère. Elle nous rappelle également quelques fondamentaux:
-   Oui, les personnes fragilisées sont dignes de confiance et elles n’ont pas besoin d’être assistées : elles ont besoin d’être accompagnées, d’être impliquées dans la prise en main de leur propre développement. Le microcrédit  leur offre une opportunité de faciliter leur insertion socio-économique.
-   Oui, le microcrédit a un impact dans la lutte contre la pauvreté à condition qu’il soit couplé avec un accompagnement humain important.
-   Oui, pour sortir de la précarité il faut du temps, car la pauvreté est multidimensionnelle et l’accès à l’argent ne résout pas tout, tout de suite.
Un dépôt à terme pour une microfinance « à visage humain »
L’association Ecidec, qui développe avec succès des programmes de finances solidaires depuis 15 ans au Bénin et au Sénégal, a proposé à la Nef d’unir leurs forces pour déployer un circuit financier permettant de consolider l’action des IMF : le DAT Microfinance a ainsi vu le jour, premier maillon d’une chaîne de solidarité au service des populations du Sud. D’une durée de 30 mois et rémunéré à 2,5% par an, il est ouvert aux sociétaires de la Nef, mais également à un large public de citoyens français et étrangers. Ce DAT Microfinance présente la particularité de laisser à chaque déposant d’exercer sa responsabilité sur son argent en choisissant d’orienter son dépôt vers l’IMF de son choix tout en garantissant une partie du crédit. Une fois l’argent collecté, des crédits sont accordés à des IMF sélectionnés par Ecidec et la Nef qui s’engagent à financer des projets économiques créateurs de richesses locales, permettant à chacun de vivre dignement de son activité. De son côté, ECIDEC accompagne les IMF partenaires, assure le suivi qualitatif des projets financés ainsi que la formation du personnel des institutions partenaires.
En février, le DAT prend vie au Sénégal puis au Bénin…
C’est au Sénégal que la première ligne de crédit va être affectée dans les prochaines semaines afin de soutenir de nombreux agriculteurs (groupements de maraîchers), éleveurs, artisans (menuisiers, forgerons) ou commerçants de la région de Matam. L’IMF bénéficiaire, la CECAM[1], est déjà en partenariat avec Ecidec depuis quatre ans. Elle a financé et accompagné plus de 800 personnes. Une fois ce premier crédit accordé, le DAT Microfinance permettra de soutenir Minonkpo, une IMF de la région de Porto Novo au Bénin. Par la suite, le dispositif sera élargi à d’autres pays d’Afrique et à d’autres continents, avec l’implication de structures d’accompagnement partageant nos valeurs.
Pour la première fois dans l’histoire de la Nef, il est possible de participer directement au soutien d’organisations de finance éthique hors de nos frontières grâce au DAT Microfinance.
C’est donc avec enthousiasme et humilité que chaque acteur du projet prend part à cette aventure, car comme le souligne Franck Faladé, responsable des programmes microfinance de Minonkpo au Bénin « nous faisons un millième de ce qu’il faudrait faire pour éradiquer la pauvreté ! Mais un millième, c’est déjà quelque chose…. ».

[1] Caisse d’Epargne et de Crédit des Artisans de Matam




Newsletter 1 - mars 2010

Dialogue avec Nicolas Guingand, le responsable des programmes Ecidec en France


Pour cette première édition des actualités DAT Microfinance nous avons choisi de dialoguer avec Nicolas Guingand, le responsable des programmes écidec en France. 

Faire correspondre la naissance du produit avec l’interview de l’un de ses concepteurs nous a semblé pertinent. Mais par la suite, vous pourrez retrouver dans cette rubrique des interviews  de différents acteurs du réseau écidec ainsi que l’actualité liée à DAT microfinance. 
 
 

Comment qualifiez-vous le nouveau produit financier, le DAT Microfinance, conçu par Ecidec et la Nef ?
 
C’est un outil financier innovant au service de la création de richesses locales dans les pays du Sud.
Ecidec et son partenaire La Nef ont retenu la forme juridique du 'dépôt à terme', c'est à dire d'un placement bloqué pendant une durée fixe, ce qui permet de fournir un prêt stable à nos partenaires africains.
Les dépôts à terme DAT microfinance permettent aux particuliers comme aux entreprises de placer une somme d’argent sur une durée de 2 ans et avec un taux d’intérêt déterminé à l’avance.
100 % du placement est solidaire, dans la mesure ou 100% de la somme placée est utilisée pour les microcrédits.
 
Pour quelles raisons avez-vous établi un partenariat avec la Nef ?
 
La Nef, tout comme écidec, considèrent l'argent, la finance, comme un outil ou service de l'Homme.
Et puis, La Nef est un organisme fiable, agréé par la Banque de France depuis 20 ans et très bien implanté dans le paysage financier européen avec des projets ambitieux, notamment un projet de création de banque éthique européenne. 
 
Nous entretenons avec la Nef une relation de confiance et d’intérêts réciproques depuis plusieurs années. Par exemple, écidec est  bénéficiaire d’un produit de partage Nef.
Aujourd’hui, le fait de créer le produit financier DAT microfinance ensemble constitue un moyen supplémentaire de consolider nos relations et d’élargir nos actions.
 
L’originalité d’un tel projet ? 
  
Le DAT Microfinance vise à mobiliser des ressources en France sur le long terme pour permettre le financement de microcrédits 'longue durée', c'est a dire à une échéance de plus d'un an. Sur ce type de crédit, l'offre est quasi-inexistante au Sénégal.

Comparons deux exemples :
-          Un commerçant qui a besoin de 500 euros sur 12 mois, aura peu de difficultés à trouver un financement.
-          En revanche, un producteur qui a besoin de 2000 euros pour construire une unité de   transformation de céréales, aura beaucoup plus de difficultés.
Le DAT microfinance vient répondre à ce besoin en fournissant des ressources à long terme aux institutions de microfinance et en finançant le démarrage d’un nouveau microcrédit d’investissement porté par l'IMF sénégalaise partenaire du projet, UMECAS.

Quelle est l’implication des migrants dans le projet ?
 
Les personnes sénégalaises ou d’origine sénégalaise qui vivent en France, sont particulièrement concernées par ce circuit financier: grâce à leur épargne transformée en microcrédits, ils peuvent directement contribuer au développement économique de leur région d'origine.
 
Nous organisons d'ailleurs avec eux des rencontres, des réunions d’informations. S'ils connaissent quelqu’un vivant au Sénégal et qui a un projet nécessitant un financement, ils peuvent même nous « le recommander ».
Ensuite nous nous organisons avec la caisse de l’IMF la plus proche de chez lui pour que son projet soit examiné.
 


Créer ce produit de microfinance aujourd’hui dans un contexte de crise ? 
 
Justement ! La crise est une opportunité de revoir nos schémas économiques. Le système néolibéral a montré ses aberrations et les épargnants sont choqués des excès générés par ce système et par l’absence de régulation. Ils réclament davantage de transparence sur la gestion de leur argent.
Bien sûr, ce n’est pas le cas de tous les épargnants, mais, si l’on se réfère au Baromètre publié chaque année par Finansol, en 2009, à rémunération égale et même inférieure, 57% des français sont prêts à placer leur argent sur des circuits financiers solidaires.
 
 
Quelle sera la  rémunération pour les épargnants et comment celle –ci sera-t-elle reversée ?
 
Le dépôt est rémunérée a 2% an et sera versée annuellement aux épargnants.

D’un bout à l’autre de la chaîne de la finance solidaire, êtes vous soutenus par tous les acteurs ?
 
Oui, nous avons cette chance !
Le fait que des bailleurs de fond tels que les Nations Unis et la Commission Européenne soutiennent nos actions, est un gage de confiance.
En France, le partenariat avec la Nef assure la fiabilité du produit financier DAT microfinance. C’est d’ailleurs avec beaucoup d’enthousiasme que les équipes de la Nef se sont mobilisées sur ce projet.
 
En Afrique, les institutions de microfinance partenaires sont favorables au projet. Elles comprennent le besoin de clarté des épargnants français et elles continueront à former et àaccompagner les bénéficiaires de microcrédits, pour les aider à sortir de la précarité.
 
Enfin, ceux qui motivent toute cette architecture, ces hommes et femmes qui luttent au quotidien pour vivre dignement, au Bénin, au Sénégal ou ailleurs en Afrique, pourront financer leur activité économique dans des conditions acceptables.
 
Notre souhait le plus cher est de mobiliser un grand nombre d’épargnants pour que DAT Microfinance puissent financer un nombre significatif de projets économiques. Nous invitons donc chaleureusement les épargnants français, déjà sensibilisé à la microfinance ou non, à prendre part à cet ambitieux projet dès maintenant !


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